Qui a peur de qui?

Dans la peau d’un serpent, la menace est constante.

L’humain considère souvent le serpent comme un danger. Mais, qu’en est-il du serpent? Quelles menaces planent sur lui? Dans ce parcours à travers le vivarium du Muséum d’histoire naturelle de Nantes, le visiteur découvre les caractéristiques, l’environnement, les moyens de défense et , surtout, la sensibilité des serpents. Peut-être qu’en comprenant davantage les risques que coure ce reptile, l’humain apaisera ses peurs et viendra à apprécier cette espèce protégée.

D’abord intrigué par un visuel dans le péristyle, le visiteur est attiré vers le vivarium.

Un panneau introductif sur la gauche, avant l’entrée introduit le sujet.

Dès son arrivée dans la première salle, il vit une expérience de danger. En un flash, un rapace s’élance rapidement vers lui [en projection]. Le serpent, c’est lui! Il est la proie.

En passant dans une autre salle il rencontre une borne. Celle-ci comporte une roulette de sélection, un écran vidéo, une plaque vibrante et un casque audio. Le visiteur est invité à placer sa main sur la plaque vibrante, à sélectionner un animal et à porter le casque audio.

Selon son choix (un souris, une mangouste, les pas d’un homme ou un homme qui touche une des vitrine du vivarium), la plaque vibre faiblement, plus fort jusqu’à l’inconfort. Le casque d’écoute vient ajouter à l’effet d’inconfort avec la transmission d’un son à basses fréquences. Un panneau explique comment les serpents «entendent» avec les vibrations. Certaines vibrations, sont des signaux d’agression pour eux.

À la fin du parcours, le visiteur voit un dernier panneau. Il est invité à prendre conscience des dangers auxquels les serpents font face. Finalement, le visiteur rassuré peut prendre un pin (macaron, en québécois) « j’aime les serpents » qu’il pourra porter fièrement et, ainsi, partager son expérience au vivarium du Muséum d’histoire naturelle de Nantes avec ses amis.

Le pin est aussi un élément de communication qui peut être utilisé par le musée dans d’autres occasions ou offert à l’accueil.

La vidéo « Qui a peur de qui ? » présentée en fin de Museomix est disponible sur Youtube : http://youtu.be/skKSkgeqgg0

Constat : le vivarium est un lieu tranquille avec une ambiance dénuée. Les serpents, aussi intéressants qu’ils soient, bougent peu.

Public : enfants accompagnés de leurs parents

Objectif de prototype : faire vivre une émotion au visiteur

Contraintes : nous devons nous assurer du confort et de la santé des seuls êtres vivants du Muséum d’histoire naturelle de Nantes

 

Jour 1 – D’abord, il faut choisir un terrain de jeu. Plusieurs membres de l’équipe fraichement formée des Hiboureuils étaient attirés par la xylothèque. Le vivarium aussi semblait un espace à fort potentiel. Puisque nous étions les seuls à avoir montré un intérêt pour les serpents, c’est le vivarium qui, au final, a été choisi.

Un premier exercice de remue-méninges qui proposait d’écrire rapidement un mot sur une petite feuille de papier autoadhésive a mené l’équipe à constater que la peur vient souvent à l’esprit des personnes lorsqu’elles pensent aux serpents. Après plusieurs idées : mythologie et mystères du serpent, traditions mondiales liées au serpent, reptation, ainsi que de longues, longues, longues discussions [on vous a dit que c’était long?], les membres de l’équipe ont choisi le thème de la peur, mais en proposant d’inverser les rôles et de placer le visiteur dans la peau du serpent pour qu’il conscientise d’un point de vue reptilien.

L’équipe termine la soirée en se donnant un bon scénario d’utilisateur et tout le monde se rallie. Bonne nuit!

Ajustements de la journée :

Quelques contraintes ou idées de projet – internes ou imposées – et quelques remises en questions – ont un peu brouillé le concept original. Il a fallu se ressaisir et s’imposer!

 

Jour 2 – Une nouvelle énergie anime l’équipe. C’est sans doute à cause du café! On commence donc la deuxième journée avec une bonne planification et la distribution des rôles de chaque membre de l’équipe. Aller! Vite, on se disperse vers les Lab-ci, Lab-ça, atelier de ci de ça. On écrit, on dessine des plans, on cueille du matériel, on trouve une machine à pins, on crée le design, on facilite, on filme et on photographie. Une entrevue pour les médias? Pourquoi pas, mais pas tout de suite! À travers tout ça, il faut aussi penser à produire une vidéo de présentation. Aille! (Ayoye, en québécois), on tasse et on priorise pour arriver à la plénière. C’est ça, Museomix jour 2!

La soirée s’annonce longue : tournage avec les acteurs, graphisme, rédaction de toutes sortes. On devra attendre à demain pour filmer la démonstration du prototype sur lequel les responsables de la fabrication et du codage travaillent d’arrache pied. Par contre, les textes pour la signalisation sont prêts et les divers livrables du dimanche avancent bien. L’énergie du matin est disparue, mais on continue jusqu’à la fermeture à 2 h du matin.

Ajustements de la journée :

Rigueur scientifique oblige, on a changé un hibou pour un circaète dans une sélection vidéo, car le hibou n’est pas un prédateur pour le serpent (ni le Hiboureuil, d’ailleurs). 

La contrainte de temps a aussi fait ses dommages habituels. On manque un peu de matériaux de base. On s’adapte. 

Quelques indisponibilités techniques et matérielles on obligé l’équipe à réduire le nombre de cartels gravés au laser. On se tourne vers l’impression couleur.

 

Jour 3 – L’équipe arrive fatiguée, mais motivée. Un premier tour de table et tous repartent dans leur travail. Cette journée passe vite et chacun s’applique à sa tache : qui sur les ordis, qui dans les ateliers…le temps file vite! Il faut avancer, même courir pour le rattraper…on compense avec le café et les bons bons qui nous donnent l’énergie nécessaire pour avancer. Trop de monde a besoin de la découpe laser : il faut imaginer des solutions alternatives pour imprimer le graphisme…papier, adhésif! Tout va devoir être mis en place avant 16h00. Ceux qui ont du temps à disposition descendent dans les ateliers techniques pour aider les fabricants. Les éléments sont en retard et on demande de skypper la phase de crash test. On travail sur la dernière ligne droite pour pouvoir présenter une expérience satisfaisante au public qui nous attend déjà en bas dans la salle.

Ajustements de la journée :

L’ordre des impressions sur la plaque du bouton de l’élément « attention prédateur » a été inversé. On imprime en urgence une nouvelle plaque.

Elément : Attention : prédateur!

Emplacement : Première salle, devant la porte d’entrée

Objectifs :

  • surprendre le visiteur
  • favoriser le processus d’identification (homme-serpent)
  • faire connaitre les prédateurs du serpent

Scénario d’utilisation

Le visiteur passe dans le couloir et un capteur du mouvement détecte son passage. Un vidéoprojecteur transmet un bref séquence vidéo qui montre la plongée d’un rapace pour saisir un serpent. La séquence dure quelques secondes. L’écran devient de nouveau noir par la suite.

Contenu :

Les serpents ne sont pas seulement des prédateurs mais ils ont aussi l’objet de prédation. Les prédateurs potentiels sont ils issus de toutes les classes des vertèbres : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons…et des fois les serpents mêmes chassent les autres serpents.

Les rapaces font parti de ces prédateurs qui chassent à vue. L’ennemi plus renommé des serpents est un oiseau : appelé le serpentaire. Un autre oiseau très dangereux pour les serpents est le circaète Jean-le-Blanc.

Cartel

Marchez sur la plaque pour découvrir votre ennemi.
Rapaces, mangoustes…hommes.
Il a beaucoup d’ennemis ce serpent.

Composition technique

  • Matériel utilisé :
  • 1 écran blanc en bâche
  • 1 vidéo-projecteur
  • 1 raspberry pi
  • 1 capteur PIR
  • 1 relais commandé en 12 V

Principe :

Le capteur PIR est un capteur thermique de présence. Le relais commandé en 12 V agit comme un interrupteur quand il reçoit le signal du capteur PIR. Une impulsion d’intensité 3,3 V est envoyée par le relais au raspberry pi, petit processeur qui déclenche la vidéo.

Le capteur PIR est placé à gauche de la porte d’entrée du vivarium et envoie un signal de présence, le vidéo-projecteur projette l’image du rapace sur l’écran blanc faisant face à la porte.

Pour allumer et éteindre l’élément il est suffisant de brancher et débrancher la prise.

 

Elément : Confortable d’être un serpent?

Emplacement : Troisième salle

Objectifs :

  • comprendre que le serpent utilise les vibrations pour ressentir l’environnement qui l’entoure
  • faire le lien entre les vibrations et la peur
  • les vibrations crées par l’être humaine peuvent être très dérangeantes

Contenu :

Les serpents n’ont pas d’oreille externe ni de tympan, il est en revanche pourvu d’un système auditif plutôt rudimentaire, composé essentiellement d’une oreille interne, connectée à la mandibule par un petit os, la columelle. La mâchoire, qui est en contact avec le sol quand le reptile s’y déplace, recueille les vibrations et les transmet à l’oreille interne.

Cartel
Placez la main sur la plaque et tournez le curseur.
Ressentez les vibrations comme le serpent et estimez la menace.
Pas toujours agréable cet humaine, non ?

Composition technique
Matériel utilisé :

  • 1 tablette androïd
  • 1 raspberry pi
  • 1 moteur
  • 1 curseur à 4 points

Principe :

Le curseur à 4 points permet d’émettre 4 impulsions d’intensité croissante correspondant à 4 niveaux de stress. Chaque impulsion commande un moteur qui reproduit mécaniquement l’intensité demandée. Le moteur actionne une plaque sur laquelle l’utilisateur pose la main qui vibre selon l’intensité demandée. Le curseur est relié au raspberry pi. Ce dernier est lui-même relié au réseau interne du musée et envoie des impulsions différentes selon la position du curseur. La tablette est également branchée au réseau du musée et capte via celui-ci les impulsions lui permettant d’afficher la vidéo correspondante à la position du curseur.

Pour allumer et éteindre l’élément il est suffisant de brancher et débrancher la prise.

Xavier Savary – Contenu

Ilaria Valoti – Médiation

Alice Fernandez– Fabrication

Jérôme Garnier – Codeur

Roxanne Huard – Graphisme

Tanya Lauzière – Communication

Juliette Marchandise – Facilitatrice

 

Merci à tous ceux qui nous ont aidé dans notre travail : ceux qui ont tapé, collé et soudé, ceux qui ont filmé, mixé, modélisé, ceux qui ont joué, bougé, cogité et aussi ce qui nous ont juste fait rire, nourri et motivé le long de ces deux journées.

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