Mur[murs]

Sainte Marie d'en-haut, un lieu habité

des rencontres impromptues avec les occupants qui se sont succédés dans ces lieux

Le Pitch

Un visiteur déambule sous les arcades du cloître. Soudain, il aperçoit sur le mur un signe, il entend un son. S’il dirige son attention, il capte un témoignage, furtif et intime, de la vie de l’un des habitants du lieu, incarnant chacun une strate des quatre siècles d’histoire du bâtiment.

Pas de scénario préétabli, pas de passage obligé. Un autre visiteur ici ou ailleurs, peut découvrir une autre tranche de vie, un autre murmure du lieu.

Intrigué par ces bribes, peut-être le visiteur cherchera-t-il à recomposer le puzzle. Il consultera alors avec un intérêt particulier les contenus didactiques sur l’histoire du lieu et donc y sera plus réceptif.

Videoprototype

Le Prototype

un endroit: un angle du cloître, utilisation des deux murs: une niche / un mur plan

trois époques:

  • 1630: les Visitandines
  • 1930: les familles italiennes
  • 2013: les Museomixeurs

Développements potentiels

– multiplication des époques, de personnages, des lieux

– choix combinatoire entre les médias (image fixe, animée, son…)

– moduler les contenus, narrations, faits, humour.

Emergence

Ce projet se raccroche à la thématique proposée par le musée “le site de Ste Marie d’en Haut”. Trois pitchs se sont regroupés:

– maquette interactive du site

– expérimenter le couvent

– son/temps/lieux/genres

Première discussion, autour de la table ronde (fort bien garnie) du repas: faut-il imaginer un lieu d’interprétation spécifique ou veut-on tirer parti de l’in situ? qu’est-ce qu’on veut communiquer: un contenu formel et didactique, ou une expérience de visite?

Finalement, l’intention s’est formalisée sur un dispositif aléatoire, indépendant de la muséographie établie du musée:

→ surprise, légèreté, pas de contrainte sur le visiteur (à prendre ou à laisser), pas de dispositif didactique mais une immersion multiformes

→ donne de l’épaisseur temporelle à l’expérience du lieu

 

Concrétisation

Pour l’exercice, nous nous sommes focalisés sur un lieu et (d’abord) deux époques: le 17e siècle et le couvent des Visitandines, et la première moitié du 20e siècle et l’occupation des lieux par des familles immigrées italiennes. Nous avons choisi de les incarner par deux femmes: une mère supérieure du couvent et une mère de famille. Chacune s’est vue écrire un texte, en essayant de privilégier une narration imaginaire, mais basée sur des faits avérés (noms, usages documentés…). Pour enregistrer la voix de Mme Locatelli, la mama italienne, nous avons eu le privilège de recevoir la contribution de Carolina Barone, compagne d’un museomixeur, qui, après l’appel à l’aide lancée sur twitter, a sollicité pour nous sa dulcinée. Cerise sur le tiramisu, Carolina fait du théâtre, et la première prise a été la bonne! Nous étions bluffés.

En parallèle, des sons d’ambiance ont été identifiés. Certains ont été récupérés sur des sonothèques en ligne. D’autres ont été enregistrés dans le musée, grâce notamment aux ballons de deux petits Grenoblois, Anselme et Nathanaël et d’une porte grinçante ouvrant sur un étrange no man’s land…

De la même manière, les vidéos ont été tournées, puis mappées sur les lieux choisis, grâce au talent de Vincent de la team technique.

Touches de light painting

Notre équipe comprenait un light painter de talent, aussi nous avons cherché le moyen d’intégrer cette technique de manière pertinente et élégante. La nuit tombée nous a inspirés: des prises de vue ont été réalisées, pour compléter les vidéos déjà tournées.

La lumière peinte n’a pas impressionné que la pellicule, elle a aussi illuminé notre esprit: l’idée de la 3e époque, contemporaine, autour de laquelle nous tournions depuis un moment, est apparue et a été réalisée, tout cela en moins d’une heure. Nous en sommes très fiers, il faut l’avouer!!

Nous avons choisi de garder cette phase un peu secrète, pour que les museomixeurs eux aussi soient surpris, comme les visiteurs du musée.

La recette de ce gratinomix dauphinois

Une ambiance à a la fois zen et productive, conviviale et efficace…on aimerait que tous les projets professionnels ressemblent à celui-là!

Nous souhaitions que le dispositif technique soit le plus discret possible pour ne pas gâcher l’effet de surprise et l’enchantement.

– deux vidéos-projecteurs fixés au plafond,

– deux jeux d’enceintes de différentes tailles,

– un raspberry pi,

– deux capteurs de mouvement, intégrés au raspberry pi grâce à un système mis au point pour Museomix 2012

Comment gérer le plurilinguisme des visiteurs?

→ soit développer des contenus sans paroles

→ soit jouer à fond la carte de l’immersion dans l’ambiance, et faire parler les occupants dans leur langue d’origine, sans chercher à communiquer du contenu historique

Est-ce qu’un dispositif aléatoire n’est pas frustant pour les visiteurs (je ne sais pas si j’ai tout vu…)?

→ c’est le parti-pris du dispositif, qui évoque un peu le caractère aléatoire de la conservation du patrimoine et de la mémoire d’un lieu

→ si les visiteurs veulent un contenu cohérent sur l’histoire du bâtiment, ils peuvent se tourner vers les éléments didactiques déjà conçus à ce sujet par le musée (couloir menant à la chapelle, ouvrage “Ste Marie d’en Haut, quatre siècles d’histoire”

groupmix

  • Morgane Weber, Fabrication
  • Guilhem Nicolas, Graphisme
  • Elisabeth Shimells, Mediation
  • Catherine Barra, Contenus
  • Amelie Viale, Communication
  • Julian Ho Quang, Codeur
  • Fabienne Pluchart, Musée
  • Gérald Estadieu, Facilitateur

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