Les Bruits qui Courent

Saint-Étienne, 1913 : parcours sonore dans le musée

Les objets ici exposés étaient ancrés dans la vie quotidienne de nombre de stéphanois dans le passé. Désormais inertes dans les salles de ce musée de mémoire, certains de ces objets sont placés dans des coins peu visibles, dans des tiroirs. Comment les recontextualiser et retranscrire leur ancienne valeur émotionnelle ? Plongez en 1913 à travers la recréation de l’ambiance sonore qui les entourait à l’époque.

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Un tic tac court entre les vitrines d’armes du troisième étage du Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne. Ce son attise la curiosité du visiteur qui se demande où se trouve l’horloge qui l’émet. Premier pas dans une nouvelle démarche provoquée par le dispositif, qui utilise le son comme capteur d’attention vers un objet habituellement ignoré de par son emplacement dans la salle : une des premières horloges pointeuses de France, ancienne propriété de Manufrance. Lorsque le visiteur se trouve enfin face à ce petit bijou de mémoire stéphanoise et par conséquence est en mesure d’apprécier un objet oublié des collections, toute une ambiance sonore résonne dans sa tête (littéralement!). Il est témoin auditif d’une scène qui se déroule « devant ses yeux » et en 1913 à l’entrée du bâtiment dédié à l’administration de Manufrance : c’est le premier jour d’Yvonne, jeune dactylographe, et André vient à sa rencontre pour l’aider à pointer, puisque cette invention est récente dans l’usine, tout comme l’organisation scientifique du travail et sa division verticale, le déménagement des secrétaires dans ce bâtiment, ou les femmes au bureau. Autant de références qui renvoient subtilement vers d’autres objets dans la salle (fusils, maquettes, tableaux) et d’autres objets comptant avec ce type de dispositif.

 

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Au milieu de la collection de rubans du musée, des murmures, des bruits de pièces, de tissus déchirés. Une lueur indique au visiteur que quelque chose est en cours dans un des tiroirs des commodes qui accueillent les registres d’échantillons de rubans. À l’ouverture de ce dernier, le son est amplifié. L’ambiance sonore recréée ici nous immerge en plein coeur des grands magasins de la Samaritaine à Paris, toujours en 1913. Marcel, négociant stéphanois représentant de la enviée maison Staros, vend sa matière à Charles, commissionnaire de rubans. Ça parle matière, prix, et aussi loisirs (vélo). Le visiteur écoute une conversation truffée d’indices qui font référence aux personnages des autres scènes, aux autres objets appartenant au projet, à d’autres objets dans la salle (portraits). À lui de continuer ce « parcours sonore » qu’il vient peut-être de commencer – toutes les scènes fonctionnent ensemble et aussi de manière indépendante, ou de finir – des recherches sur les éléments cités dans les dialogues, éventuellement.

 

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Un spot qui ne colle pas avec l’illumination générale de la salle, et le visiteur se retrouve devant cette rareté héritée par le musée dans le « Tas de Ferraille » de Paul de Vivie (Vélocio). L’ambiance sonore qui se déclenche le transporte au garage de Marcel, le négociant de rubans, où il répare et bricole des vélos. Notre personnage est accompagné d’André, l’employé de l’administration de Manufrance, à qui il a commencé à transmettre sa passion pour les cycles. Le dialogue tourne autour des avancées techniques et des exploits personnels de Marcel et Vélocio (l’introduction du changement de vitesses, la montée au mont Vendoux en tandem…). Encore une fois, rien n’est laissé au hasard et chaque commentaire et anecdote renvoie vers des histoires et des personnages vrais ainsi que vers des objets de la collection du musée et les autres dispositif du projet.

GitHub : 

https://github.com/museomix/2014-les-bruits-qui-courent

 

Matériel :

[À venir]

WE ARE VACARME :

Aliénor Fernandez, graphisme, étudiante en design interactif @ Pôle Sup. Design – Villefontaine et en alternance chez Erasme

Nicolas Fayard, usages et expérience utilisateur // dans la vie : étudiant en design interactif @ Pôle Sup. Design – Villefontaine et en alternance chez NewQuest

Tom Violleau, fabrication // dans la vie : étudiant en design de produit @ La Martinière Diderot

Lucille Payen, polyvalence 100% // dans la vie : visites atypiques de Lyon @ Cybèle

Élodie Biteau, contenus // dans la vie : conservation du patrimoine @ département de L’Eure

Matthieu Gautier, ça code code code // dans la vie : développeur indépendant *doigts en V de victoire*

Amanda Costantini, communication // dans la vie : vidéo & Internet @ 1D touch

et aussi Dorothée Noirbent, notre facilitatrice chérie // dans la vie : designer d’espace et d’objets

 

Merci à Anne, Sylvain et Chloé pour leur expertise et valider nos contenus, François pour l’électronique, toutes les médiatrices qui nous ont aidé à comprendre le contexte des objets choisis dont Agnès; Gérald, Pierre et Éric pour leur voix et Dorian pour le code.

Les commentaire (1) ;

  1. Elisabeth Payen [11-11-14]:

    Bravo pour cette petite remise en service qui donne vie à ces objets devant lesquels nous passerions probablement sans y accorder beaucoup attention. Vous faites là une proposition qui éveille notre intérêt autant qu’elle nourrit notre imaginaire et notre conscience d’appartenir à une certaine histoire qui fut le quotidien de nos ancêtres
    Merci
    Elisabeth Payen

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