Suivez le fil

Une découverte sensorielle des richesses du fleuve

Matérialiser le Rhône dans le musée en faisant appel à un environnement sensoriel. Les visiteurs doivent pouvoir ressentir l’ambivalence du fleuve tout à la fois tumultueux par la force de ses courants et protecteur des traces du passé. Parfois oppressant, le fleuve est aussi à l'origine de la vitalité de la cité depuis plusieurs siècles; les ressources archéologiques en témoignent. En invitant le visiteur à entrer dans une succession de caissons, c'est l'expérience de l'immersion dans ce fleuve et le dévoilement progressif de ses richesses qui lui est proposé.

Le code du plongeur

Le visiteur est invité à découvrir l’expérience sensorielle de la fouille archéologique au fond du Rhône en pénétrant  dans une succession de caissons pour une plongée à l’aide d’un fil d’Ariane.

En arrivant dans l’espace port du musée Arles antique, les visiteurs découvrent à côté du chaland une architecture en carton longue d’une petite dizaine de mètres.

À l’entrée de ce dispositif, un médiateur est posté pour accueillir le visiteur et lui donner les consignes de sécurité inhérentes à toute plongée. Il est entouré de matériel de plongée. La première règle est de toujours garder le fil d’Ariane (une ficelle jaune) à la main pour ne pas se perdre dans les eaux troubles du Rhône et avancer vers de potentielles découvertes. Des dessins expliquent les gestes et attitudes essentielles à respecter sous l’eau. Une fois cette mise au point réalisée, le médiateur invite l’usager à mettre des lunettes de plongée pour vivre pleinement l’expérience. Le médiateur surprend le visiteur en lui mettant un coup de vaporisateur sur le visage et les lunettes.

Les consignes de l’expérience – ill. Roberto Iacono (Lapisanplus) / Pôle Livre

C’est parti ! Le visiteur peut entrer dans le premier sas qui le fait descendre (symboliquement) dans le Rhône depuis le pont d’un bateau. En quelques pas et avec une ambiance sonore dirigée, le visiteur se retrouve les pieds dans le fleuve. Face à lui un rideau qu’il lui faut ouvrir pour plonger plus en profondeur dans ces eaux.

Dans ce second caisson, le visiteur est dans le fleuve et l’ambiance sonore évoque la plongée. Il voit peu de choses, juste le limon en suspension qui s’agite à son approche. Un panneau accroché au fil l’invite à s’arrêter. Il entrevoit alors quelques éléments qui émergent sous ce limon. Le visiteur d’un simple geste dégage alors cette pellicule pour voir plus clairement l’objet qui se trouve dessous. Mais attention ! Le courant du fleuve reprend le dessus et l’objet est recouvert de nouveau. L’expérience ne s’arrête pas là ! Le fil d’Ariane à la main, il vient de toucher un objet. Est-ce une amphore ? Un vase ?

Après cette expérience visuelle et tactile, le visiteur reprend son parcours. C’est alors une découverte des plus impressionnantes qui se dévoile à lui par de petits interstices dans la cloison. Comme découvert en tranche, un chaland gallo-romain de plusieurs mètres émerge  progressivement de cette obscurité. Le visiteur entend de nouveau les autres plongeurs qui remonte à la surface. La sortie est proche.

Le visiteur tient sa ligne de vie et ressort alors dans la salle du musée. Il continue sa progression en bout de ligne pour voir le chaland en son entier: une pièce maîtresse du musée.

 

Pitch visiteur :

Suivez le fil d’Ariane qui vous mène au fond du Rhône. À l’écoute de vos sens, évoluez dans ses eaux troubles et parfois oppressantes. Dans votre parcours, vous découvrirez peut-être l’une ou l’autre des richesses enfouies sous des siècles de limon.

Processus de création

Problématique de départ : « comment faire rentrer le Rhône sensoriellement dans le musée ». La présence d’une archéologue-plongeur dès le début du premier debriefing et sa visite personnalisée pour le projet mettant en avant les collections issues de fouille subaquatique ont plongé l’équipe dans cet univers si particulier. La volonté de garder les sensations vécues par le plongeur et l’état actuel des découvertes au fond de l’eau ont été le fil conducteur du processus tout long de la création.

Après nos premiers échanges, la notion de passage est revenue sous différentes formes : le passage d’une rive à l’autre, le passage de la terre à l’eau, le passage sur le Rhône… Ainsi, l’équipe a commencé à réfléchir à un espace d’immersion sensitif pour le visiteur. Très vite, de par la présence d’une makeuse spécialiste du carton, cet espace a été matérialisé par un tunnel en carton. Il a fallu ensuite penser à l’habillage sensoriel par le son, l’image, la sensation d’eau, une déambulation pédestre.

Le dispositif cible tout type de public, sauf le public handicapé moteur (fauteuil roulant) car la structure en carton construite en 24 heures ne peut supporter cette déambulation appareillée – avec plus de temps, cette contrainte peut aisément être balayée.

 

Descriptif du module

Un tunnel d’immersion dans le Rhône, dans la peau d’un plongeur archéologue.
Un fil d’Ariane permet de guider le visiteur (et de le sécuriser).

Déroulement de l’expérience sensitive

3 étapes dans 3 espaces successifs

 

1. L’entrée dans le fleuve

Dispositif sonore

Son en rapport avec l’immersion : bruits de plongée et de clapotis + pas dans l’eau en douche sonore

Dispositif visuel

Le visiteur doit franchir un « rideau d’eau » matérialisé par un papier bulle dans lequel est injecté de l’eau du Rhône  et/ou images stylisées du Rhône (mosaïques romaines ? )

 

2. L’immersion et progression sous l’eau

Dispositif sonore

Le silence et des sons de plongée au ralenti (cf. anxiété, obscurité)

Le visiteur est dans le noir et avance à tâtons en suivant toujours le fil d’Ariane

Objets incrustés dans la paroi ?

Dispositif interactif

Le visiteur est amené à découvrir des éléments recouverts de sédiments.

Il faut interagir (cf. grammaire du geste) en mimant le frottement (penser à attirer l’attention visuelle)

Ce faisant, se dévoilent sur les parois du tunnel, des objets hétéroclites : amphores, tas informes enfouis sous des sédiments, le buste de césar, une carcasse de voiture, un nain de jardin, des ossements, etc.

Techno KINNECT

 3. Premières fenêtres sur le chaland

Percement des parois

3 fenêtres de différentes taille (de la plus petite à la plus grande) s’ouvrent sur le chaland = la lumière naturelle pénètre dans le tunnel

Environnement sonore quasi identique au précédent

Signalétique à la manière de celles des archéologues en fouilles subaquatiques (épave/sortie)

4. La remontée à la surface

Dispositif sonore

On retrouve les sons du début (plongée, bulles d’air…)

Et la lumière du jour

On débouche sur le chaland

Le fil d’Ariane court jusqu’au bout de l’épave

Retrouver un des objets contemporains du groupe 7 (cf. inondations) en vrai ?

 

 

 

 

Soriana IM,  fabrication  –  « la reine du carton »
Manuel MOREAU & Nathalie MOREAU, médiation  – « les M&M’s »
Agnès LORY, contenu « Madame Rhône »
Adrianne LOCARMINE, communication – « la vidéaste »
Franck CLERGIT, codeur « le papillon connecté »
Sabrina, musée  » l’archéo »

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