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L’arbre qui…

Quand on sort heureux et épuisé de Museomix, on découvre que l’évènement a aussi focalisé beaucoup d’attentions. L’énergie déployée, le format, la technicité ainsi que les prototypes livrés en très peu de temps lui donnent une allure de performance.
La forme extérieure de Museomix séduit et motive. L’aventure tente de nombreux musées et futurs participants.

Pourtant cela pourrait cacher la finalité de Museomix et la valeur qu’il produit véritablement pour les institutions, professionnels et amateurs qui s’y lancent. Comme nous l’avions pointé l’an dernier , Museomix produit d’abord une communauté, des liens humains, des méthodes de travail, une autre manière de concevoir et de vivre l’institution muséale. Est-ce que Museomix bouscule les musées qui l’accueillent ? Est-ce que les participants ont véritablement pris possession et ouvert l’institution ? Voilà des éléments de fond que nous devons scruter.

L’évènement et les prototypes ne sont que des éléments de formes. Quand l’un est terminé et que les autres sont démontés, vient le temps de développer les relations et les envies qui viennent d’être initiées. Les communautés se constituent localement, des projets nouveaux remontent des uns des autres, les musées font leur bilan et commencent à repenser leur organisation. Nous ne sommes pas encore structurés pour rendre visibles et faire vibrer toutes ces énergies, mais ça aussi c’est à inventer… ensemble.

Réduire Muséomix à 4 jours de hackaton culturel au musée serait un contresens. Pendant l’évènement, les équipes sont centrées sur leur projet et au défi de livrer une expérience probante. Toutes les demandes les distrayant de leur projet (échange avec les autres équipes, documentation, vidéoprototypes) sont souvent vécues comme une contrainte douloureuse par rapport à leur objectif premier. De la même manière, les orga locales sont centrées sur leur évènement et son contexte particulier. Elles perçoivent souvent comme une contrainte extérieure les demandes associées à la globalité de l’évènement (communication en temps réel, mix room, site web etc). Pourtant la richesse à long terme que chacun en retire est liée au décloisonnement, aux perspectives beaucoup plus larges qu’une simple réalisation technique, au questionnement de fond de ce qu’est un musée participatif, du rôle des méthodes agiles et de l’intelligence collective, de l’impact de la culture numérique sur les organisations et les publics.

Si nous avons un format de 4 jours qui commence à fonctionner (avec encore de nombreuses pistes d’amélioration), tout reste à faire pour faire vibrer et fonctionner Museomix de manière globale et de manière durable. Je suis certain que les communautés locales imagineront de nouvelles formes pour le faire vivre tout au long de l’année et en appliquer les principes à d’autres situations. Je suis certain aussi que nous trouverons un moyen de développer des remixages inter-locaux afin que Muséomix ne soit pas une collection d’expériences juxtaposées mais la source de croisements fertiles et globaux. Voilà un beau défi pour 2014…

 

Yves-Armel

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