Ecrins

Près de 80% des objets de la collection de l’Ecomusée de Fourmies se trouvent dans les réserves et ne sont pas visibles par le public aujourd’hui. Il y a également peu de visibilité du travail réalisé par les régisseurs et responsables des collections qui veillent à leur conservation au quotidien. Notre prototype consiste à rendre palpable, pour le visiteur, cette "face cachée de l’iceberg" par le biais de bornes mystérieuses placées dans le musée. Chacune renferme dans une boîte de conservation une tablette offrant un mode de découverte différent. Nous avons imaginé ce prototype de façon à pouvoir être actualisé au fil du temps en fonction des acquisitions du musée et de l'état d'avancement du récolement.

Scénario utilisateur

Nous avons conçu un prototype de découverte autonome, ayant pour objectif d’entrouvrir une porte virtuelle sur les réserves du musée.

L’implantation de notre prototype dans le musée est volontairement discrète, conviant les visiteurs à plonger au sein des collections d’objets non exposés du musée.

Le visiteur, en parcourant les différents espaces d’expositions, sera intrigué par la présence de trois bornes portant le logo “ECRINS”. Il est invité à contourner la borne et à découvrir ce qui se cache derrière cette signalétique. Pour cela une consigne simple l’invite à “plonger dans les réserves du musée”, en ouvrant une mystérieuse boîte noire.

Conçu comme un écrin, cette boîte est une authentique boîte de conservation, présentée fermée. Le visiteur devra donc oser l’ouvrir et la manipuler ! En effectuant ce geste la notion de fragilité et de précaution d’ouverture et de manipulation est induite. Quel mystère se cache à l’intérieur ?

Nous avons imaginé un prototype conviant le visiteur à mobilier ses différents sens pour découvrir des objets de réserves et leur(s) histoire(s).

Borne 1 / Cahiers d’échantillons de tissus à feuilleter

Via la découverte d’une tablette logée dans son écrin, l’interaction se déroule de manière tactile. Le visiteur est invité à feuilleter les pages de carnets d’échantillons textile via un programme de slide tactile.

Borne 2 / Horloge pointeuse type Dey (1900)

Via la découverte d’une tablette logée dans son écrin, l’interaction se déroule de manière auditive. Le visiteur est invité à choisir et à écouter différents témoignages d’une pointeuse et de son environnement en réserve via un casque audio.

Borne 3 / Flacon de parfum Mury

Via la découverte d’une tablette logée dans son écrin, l’interaction se déroule de manière visuelle. Le visiteur est invité à observer l’hologramme animé d’un flacon de parfum particulièrement ouvragé, de type Mury.

 

Objectifs

Les réserves d’un musée représentent souvent une part importante des collections conservées par un musée et qui restent méconnues, non visibles du public, avec une part importante de mystère. Le travail des responsables de collections et régisseurs paraît tout aussi méconnu et obscur, voire complètement ignoré du public. Comment rendre apparente cette « face cachée de l’iceberg » ou au moins une partie ? C’est la question qui a guidé notre réflexion pour l’élaboration de notre prototype.

Recette pour rendre visibles les réserves d’un musée et le travail des régisseurs et responsables des collections :

  • Constituer une équipe de passionnés de musée, d’archéologie et de plongée sous-marine.
  • Relire et classer les post-its du brainstorming des Museomixeurs s’interrogeant sur la problématique suivante : “Collection, le syndrome de l’iceberg”
  • Inscrire nos idées qui germent suite à cette lecture et se mettre d’accord sur le choix des thèmes à exploiter : identifier des objets issus des réserves du musée pour expliquer leur environnement et le travail nécessaire à leur conservation
  • Discuter avec les régisseurs et responsables des collections pour opérer des choix judicieux et connaître les informations sur les objets choisis. S’approprier une base de données d’inventaire des collections.
  • Choisir les moyens pour les mettre en valeur : 3 bornes placées à 3 endroits du musée pour exprimer 3 thèmes différents, tout en gardant un certain mystère pour le public. Y fixer des boîtes authentiques de conservation qui recevront des tablettes rehaussées grâce à des matériaux réservés aux métiers de la conservation. Les tablettes sont programmées pour proposer 3 types de présentation des objets suivant le genre d’objet.
  • Répartir les tâches suivant les compétences de chacun : fabrication, code, graphisme, recherche de contenus, médiation, communication …
  • Faire des points à chaque fin de journée pour démarrer dès l’arrivée de l’équipe le matin.
  • Le tout avec une grosse louche de bonne humeur & un estomac bien plein.

Notre réflexion a été large dès le début. Nous avions mille et une idées de mettre en valeur les collections. Notre principale réflexion a porté sur la valorisation du caractère fragile et mystérieux des objets de réserves. Notre volonté était d’offre, dans le parcours permanent du musée, un outil de médiation présentant autant d’expositions parallèles des objets de réserves, tout en ne touchant pas à ceux-ci et en les laissant dans leur milieu d’origine : les réserves du musée.

Nous avons conçu notre outil comme un outil facilement actualisable par le musée, paramétrable, qui puisse éventuellement être raccordé, dans le futur, à une base de données d’inventaire (MicroMusée, par exemple). Le but est de permettre au musée de « choisir » les objets de réserve qu’il souhaite valoriser auprès de ses visiteurs, selon des logiques différentes : nouvelle acquisition, récente rénovation, etc.

Outils et techniques

Pour réaliser nos 3 totems, nous avons construits des podiums de H 90 cm / L 60 cm derrière lesquels est adossée une planche de H 200 cm / L 60 cm. Pour les construire, nous avons eu recours à des planches en médium que nous avons assemblées entre elles en les clouant et consolidées avec de la pâte à bois. Nous avons laqué nos totems à la peinture noire, percé le centre du podium à l’aide d’une scie cloche, le trou servant à faire passer les câbles d’alimentation de notre dispositif multimédia.

Sur les podiums ont été fixées des boîtes d’archives en cartons mises à notre disposition par le musée. Celles-ci ont été remplies avec des matériaux de conservation authentiques (mousse et papier de conservation) afin de rendre le dispositif le plus réaliste possible.

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A l’intérieur de chaque boîte est disposée une tablette Asus ZenPad 10. Deux des totems prennent en charge des casques audio, fixés dans la planche de medium à l’aide d’un crochet. Pour l’un des 3 totems, un prisme hologramme « Tech4Retail » est fixé sur l’écran de la tablette à l’aide d’une ventouse.

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En termes de software, nous avons eu recours à une interface web, une structuration HTML / CSS et une dynamique Javascript. Pour la création de l’hologramme, nous avons fait appel à un des membres du FabLab qui a réalisé une modélisation 3D de l’un des objets (flacon de parfum), sur lequel il est venu appliquer une texture en superposant une photo de l’objet.

Les sons ont été directement enregistrés par une prise de son réalisée en FabLab. Les textes associés à chaque tablette ont été rédigés par notre équipe en nous appuyant sur les informations récupérées au sein du logiciel d’inventaire du musée (MicroMusée). Les photographies des objets de collections ont été réalisées par nous-mêmes avec le matériel photographique du musée (régie). Des recherches documentaires complémentaires ont été réalisées par notre équipe sur le Web.

Expérience

Notre dispositif a plutôt été bien apprécié du public, notamment par son côté « fenêtre sur l’inconnu » qu’il ouvrait.

Pour la borne 1, les visiteurs ont regretté ne pas pouvoir zoomer directement sur les pages du carnet à feuilleter et de ne pas pouvoir disposer d’informations spécifiques sur les carnets (date ? échantillons proposés ?).

Dispositif de feuilletage des carnets d’échantillons (borne 1)

Pour la borne 2, le principal problème rencontré était celui du son. En effet, nous avions opté pour un dispositif sonore avec casque, afin de permettre au visiteur de ne pas être pollué par les bruits ambiants. Malheureusement, l’utilisation du casque rend la consultation du dispositif « isolée » / « personnelle ». Les visiteurs autour ne pouvant pas avoir accès au contenu audio, le temps d’attente est parfois long d’un visiteur à un autre, car chaque extrait dure environ 1 min, soit un temps de consultation moyen de 5-6 minutes au total (5 extraits sont disponibles à l’écoute).

Dispositif d’écoute audio (borne 2)

Pour la borne 3, c’est l’implantation du dispositif qui a « pêché ». En effet, la perception de l’hologramme ne se fait pas de la même façon selon la taille du visiteur : plus celui-ci est grand, plus il doit prendre de recul pour pouvoir voir l’hologramme. Or la borne était disposée à proximité d’un mur, rendant de fait le recul pas suffisant. En outre, le dispositif étant couplé à un casque audio, le fil du casque ne permettait pas un recul de plus de 50 cm.

Dispositif holographique + écoute audio (borne 3)

L'équipe

Adrien Martinez : Codeur

Séverine Lecourt : médiatrice

Mathilde Trotin : fabricante

Marie Yin : graphiste

Joëlle Ramboer : coach

Nathalie Painchart : experte contenu

Sarah Perrier : communicante